LaFeuilleduWeb.info

Humeur

Plutôt triste et vous ?

E.J.

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Lundi 5 mai 2008

L’exposition « L’histoire au présent » au Botanique à Bruxelles s’est clôturée ce week-end. C’était aussi une rétrospective des dix années de travail du photographe belge Bruno Stevens (agence Cosmos), récompensé à trois reprises par le World Press Photo.

Plaquées à même le mur, des centaines d’images. Noir, blanc. Couleurs. L’œil ne peut pas s’habituer. Aucun répit ne lui sera laissé. Au-dessus des clichés, des mots qui ressemblent étrangement à des avant-titres de journaux : Liban, Kosovo, Cambodge, Ouganda, Afghanistan, Darfour, Tchétchénie, Palestine…

Bruno Stevens, à 39 ans, a décidé de larguer son studio d’ingénieur du son pour devenir photojournaliste. Il a commencé en 1998 avec le Chiapas et Haïti. Depuis, il s’est fait le « passeur d’infos » des grands conflits, des bouleversements sociaux et des catastrophes naturelles :  "Je photographie des gens ordinaires plongés dans des événements extra-ordinaires, sur lesquels ils n’ont pas de prise, et qu’une option : celle de survivre. "

Ses photos ne sont pas des œuvres, mais des cris. Il assume d’ailleurs tout à fait le pendant esthétique de son travail d’information : " Il faut que les photos soient fortes pour marquer les gens, communiquer l’urgence. Mais la beauté des photos, leurs qualités “artistiques” est bien loin d’être un but en soi, elles ne sont que des moyens." Et les cris se font écho au fil de l’exposition : cris de douleur, de colère, de peur, de joie parfois. Le fantôme de Semira Adamu. La cicatrice sur le ventre d’un enfant. Une maison éventrée. La statue de Saddam un instant figée dans l’air. Un mur entier de photographies de corps d’Israéliens et Palestiniens morts durant la deuxième intifada.

« L’objectivité est un leurre »

Aujourd’hui, l’actualité s’écrit d’abord par des images. Elles défilent souvent, sagement montées, devant les yeux du téléspectateur. Parfois, elles permettent d’exploser les records d’audience. Ici, les regards photographiés vont au-delà de tout débat sur le sensationnalisme, la pudeur et le réalisme. Georges Vercheval, qui est à l’origine de l’exposition, explique d’ailleurs qu’ « En photojournalisme, l’objectivité est toujours un leurre. Il s’agit au contraire d’une subjectivité raisonnée, d’une succession de choix qui doivent être résolus par le photographe: éthiques, géographiques, politiques et humains. »

L’exposition était dense. Elle se prolongeait dans les serres où se déroulait un parcours de 20 photos sur l’Irak, puis dans la galerie où se tenait la mini-exposition « Lettre persane » sur un Iran en pleine reconstruction. Le spectateur, habitué au matraquage de l’image, sortait pourtant profondément ébranlé par ces quelques 300 clichés. Impossible pour lui de se laisser glisser dans l’illusion du virtuel. C’est que Bruno Stevens permet de se laisser prendre à la gorge par la vision de mondes anéantis. De témoin, le photographe s’est fait acteur.


Pour voir les portfolios du photographe :
http://www.cosmosgalerie.com/photos.php?prem_im=12&dossier=BS
http://portfolio.lesoir.be/main.php?g2_itemId=178234

par S.M. publié dans : Médias communauté : C'est arrivé près de chez vous
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Contact - C.G.U. - Signaler un abus